Melun : un cauchemar ferroviaire

plateau repasLe 17 décembre dernier, les voyageurs de la ligne Paris-Nevers (comme d’ailleurs les Paris-Clermont et tous les transiliens de la zone sud-est) ont eu la désagréable surprise d’être pris au piège et scotchés sur place pendant plus de trois heures. Des plateaux repas ont été distribués aux voyageurs et des fiches de retard mis à disposition dans les gares concernées le soir et le lendemain.

La raison de ce retard ? Une panne informatique sur le poste d’aiguillage de Melun, nœud ferroviaire stratégique.  Un « impondérable tout à fait exceptionnel » répondraient les spécialistes. Exceptionnel ? Vraiment ? « Je n’ai jamais vu cela en quinze ans de travail à la SNCF » avait assuré un contrôleur… le vendredi 12 juin 2015 au sujet d’un incident analogue à Melun.

Car, oui, ce problème informatique d’aiguillage est loin d’être si exceptionnel car il s’était déjà produit il y a six mois de cela, au même endroit et avec les mêmes conséquences (trois à quatre heures de retard un vendredi soir).

Deux incidents graves en si peu de temps cela fait un peu beaucoup et cela confirme la réputation de Melun comme véritable cauchemar de centaines de milliers de voyageurs. Si « les trains accusent des retards » comme le dit le jargon de la SNCF, les voyageurs accusent de leur côté des problèmes techniques à répétition capables de paralyser des milliers d’usagers. Une infrastructure à revoir de toute urgence, vraiment !

Publicités

En Région Centre Val de Loire, quels candidats s’intéressent aux transports publics ?

photo 1(3)Les électeurs vont choisir à partir de ce week-end leurs représentants aux Conseils Régionaux. Alors que les transports publics font partie des domaines importants gérés par les régions, il n’est pas inutile de se pencher sur les professions de foi des candidats.

La ligne de train Paris-Montargis-Nevers relève d’une collaboration entre trois régions (l’Île-de-France, la région Centre Val de Loire et la Bourgogne). Aussi, il ne nous a pas paru inutile de nous intéresser à ce qu’en disait les candidats de la région Centre Val de Loire.

Nous avons donc pris nos stylos et nos Stabylos et nous avons épluché les professions de foi des candidats de cette circonscription pour donner nos bons points et nos mauvais points aux politiques qui entendent nous représenter.

Un parti a droit à un gros zéro pointé pour ne pas évoquer ce sujet : Lutte Ouvrière, qui reste axé dans un discours national offensif contre le capitalisme. Regardons à Droite cette fois. Les Républicains associés à l’UDI et au Mouvement Démocrate font un peu mieux en parlant de la question du transport de voyageurs sous l’angle uniquement « d’une tarification simplifiée » et d’une amélioration du fret ferroviaire. Le Front National ne se montre pas plus bavard dans sa profession de foi. C’est avec une loupe que l’on découvre au détour dans la profession de foi une phrase sur les « petits axes ferroviaires« . Le Front de Gauche, lui, se contente d’évoquer le « développement économique et social pour éviter la désertification rurale« . Europe Écologie Les Verts émettent plusieurs propositions sur les transports, tout en restant vague. Le parti écologique se contente d’aborder la question de la tarification unique TER pour les jeunes et promet l’appui des « comités d’usagers dans (…) les transports« . Bien qu’Aux Rames Citoyens ne peut qu’applaudir cette dernière proposition, notre collectif reste sur sa faim pour un mouvement politique qui aurait pu être plus inspiré. Nous estimons que sur les transports, ces partis n’atteignent pas la moyenne.

Le PS/PRG/UDE faut un peu mieux. Bien que la survie de notre ligne de train ne soit pas évoquée, le parti de François Bonneau, candidat sortant, consacre plusieurs paragraphes sur les lignes ferroviaires, en s’intéressant aux salariés qui l’utilisent pour le travail. C’est maigre mais c’est déjà ça.

L’Union Populaire Républicaine, mouvement qui se définit lui-même comme se situant « en dehors du clivage droite-gauche » et prônant une sortie de l’UE, de l’Euro et de l’Otan, appelle à « refuser la privatisation du TER« . Comment ? Il ne le dit pas.

Enfin, le parti Debout la France ! s’intéresse lui aussi aux transports ferroviaires : « les horaires des trains régionaux seront adaptés aux rythmes de vie des habitants. Nous rénoverons les lignes existantes. »

Voilà un petit focus, tout à fait suggestif sur ces candidats à la Région Centre Val de Loire, visiblement guère inspirés par le transport ferroviaire. Ils ont bien tort !

Les citoyens sont-ils des buses ?

img-3143963381Les électeurs, qui vont se déplacer pour élire leurs conseillers régionaux à partir du week-end prochain, sont-ils pris pour des buses ? Voilà la question que chacun est en droit de se poser. De quoi, en effet, est-il le plus souvent question dans les discours politiques, que ce soit du PS, le FDG, le LR et le FN ? D’insécurité, de la lutte contre le terrorisme, de l’état d’urgence en place depuis les attentats de novembre. Des sujets graves qui nous préoccupent tous… mais qui n’ont pas leur place dans une campagne pour les élections régionales.

Ce sont les domaines de compétences des Régions qui devraient nous interpeller : les écoles, la culture, l’environnement et les transports.
Sur ce dernier sujet, c’est évidemment l’avenir de la ligne de train Nevers-Montargis-Paris qui nous intéresse. Et le moins que l’on puisse dire c’est que rares sont les candidats capables de s’engager sur cette ligne de train vitale pour le territoire.

Des milliers de citoyens prennent le train, non par plaisir mais par nécessité (contrairement à ce que sous-entend le Rapport Duron !), et le choix de ces électeurs aura forcément un impact lors de la mise du bulletin dans l’urne. Si les hommes politiques n’entendent pas les usagers du train Nevers-Montargis-Paris, cette erreur risque de leur coûter cher.
Il est inadmissible que l’État n’assume pas son rôle de renforcer le service public et chercherait plutôt à le détruire en démantelant le transport ferroviaire. Il est tout aussi consternant que trois régions soient incapables de s’entendre sur un accord avec l’Etat et la SNCF pour conserver une ligne capitale pour les citoyens et pour les régions en terme économique et social.

Ces élections ne sont pas un jeu de poker-menteur, ni un galop d’essai pour les élections présidentielles de 2017 !

Nous invitons les candidats aux élections régionales à bien entendre le message de milliers de voyageurs et d’électeurs en colère.