Pensées

marianne

Nous ne pouvons qu’avoir une pensée et de la compassion pour ces centaines de morts et de blessés innocents tombés ce week-end.

C’est la vie, la jeunesse, la liberté, la fraternité, la paix et la démocratie que l’on a voulu assassiner.

Nous avons le droit d’avoir peur mais nous n’avons pas le droit d’abandonner ces idéaux.

Publicités

Projets ferroviaires : ça déraille

 JB Dos Ramos

JB Dos Ramos

La défense de la ligne Nevers-Paris monte lentement mais sûrement en puissance.

Pour preuve, la semaine dernière et le week-end dernier, deux réunions d’information et deux manifestations dans le Gâtinais ont montré que les usagers n’allaient pas se faire endormir par les discours électoralistes de leurs représentants politiques, tout entier concentrés sur leur calendrier électoral et sur les échéances des prochaines élections régionales.

On peut dire que pour les décideurs publics à l’origine du projet ferroviaire mettant à mal les Intercités, les choses déraillent sévèrement.

On comprend que les politiques jouent sur du velours, alors que la survie de lignes de train est étroitement liée à la vie des régions : voilà qui n’est pas terrible, car pas populaire, à quelques semaines des élections.

Le jeudi 5 novembre, une première réunion avait lieu à Châlette-sur-Loing organisée par le Front de Gauche. À cette réunion était conviée notamment Jean-Michel Gaudin, le chargé des transports de la région Centre. Le vendredi 6 novembre, une autre réunion avait lieu, cette fois avec le Président de la Région Centre François Bonneau et le sénateur Jean-Pierre Sueur. Deux réunions d’information qui ont montré tout l’intérêt des citoyens pour leurs trains mais au cours desquelles peu d’avancées concrètes ont eu lieu.

Le lendemain, 7 novembre, une nouvelle manifestation avait lieu en gare de Montargis. Plusieurs dizaines de manifestants avaient remis le couvert pour montrer leur opposition aux transformations ferroviaires que certains décideurs libéraux voudraient bien voir aboutir, au risque de couper le jus à plusieurs centaines de milliers de citoyens. Les manifestants montargois ont menacé de coups de force plus importants s’ils n’étaient pas entendus. Au même moment, une centaine de manifestants se rassemblaient sur les voies en la gare de Ferrières-Fontenay pour protester contre la décision de la SNCF de supprimer trois arrêts de train : la circulation des trains a été supprimée pendant plusieurs minutes.

C’est quatre événements locaux sont une réponse aux mauvaises langues qui pensaient que le projet ferroviaire et mortifère allait passer comme une lettre à la poste. Élection régionale ou pas, les citoyens touchés n’entendent pas se démobiliser.

« Arrêts de Transiliens supprimés à Ferrières, avenir de la ligne Intercités en pointillés à Montargis »,
République du Centre, 9 novembre 2015

3 000 à 3 500 signatures

La pétition pour la défense des trains Paris-Montargis-Nevers a déjà rassemblé entre 3 000 à 3 500 signatures. Elles ont été déposées à la sous-préfecture du Loiret le week-end dernier.

La mobilisation continue contre un projet anti-démocratique et mettant en danger la vie quotidienne de dizaine de milliers de citoyens.

La défense de la ligne Paris-Nevers, également à Briare, Gien et Cosnes

Briare_4Défendre la ligne de train vitale et stratégique Paris-Nevers c’est aussi parler de ces gares servant à désenclaver les territoires. Des territoires qui se mobilisent pour ne pas être tués par des politiques et des décideurs aveuglés par leurs chiffres.

La petite ville de Briare, célèbre pour son pont-canal et drainant une population touristique non négligeable, s’est dernièrement mobilisée, via une réunion de citoyens et d’élus bien décidés à ne pas se faire tondre. Leur objectif ? Préserver les dessertes ferroviaires de Gien, Briare et Cosnes-sur-Loire. Le train est capital pour ces villes dans la mesure où la proximité de Paris grâce au train (à 1H30 en TER) est un atout… capital.

Preuve que pour une fois politiques et citoyens sont soudés pour le même objectif, une mention a été votée par le public, l’association des usagers giennois de la ligne SNCF, le maire de droite de Gien Christian Bouleau, le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur et des décideurs locaux. Cette mention a été envoyée au secrétaire d’Etat chargé des transports Alain Vidalies et au président de la SNCF Guillaume Pépy.

Vive le covoiturage ?

covoiturageAlors que les péripéties de la ligne de train Paris-Montargis-Nevers – toujours en danger ! – continuent à inquiéter, le journal local montargois L’Éclaireur du Gâtinais s’est fait le défenseur, en pleine page, du covoiturage.

Cette méthode alternative au train semble parer de toutes les qualités : simplicité, convivialité, économique, écologique. Une méthode « miraculeuse » donc, qui a les faveurs des pouvoirs publics et qui seraient trop heureux de se débarrasser de la gestion lourde du chemin de fer et de laisser le citoyen lambda se débrouiller seul pour organiser ses transports.

Nous ne ferons pas d’objection aux qualités conviviales du covoiturage – encore que cela peut dépendre des conducteurs comme des passagers embarqués. Mais passons. Il semble aussi que l’Internet et les sites d’éco-partage aient permis de rendre ce système pratique.

Par contre, il y a de quoi être étonné par le chapelet de bienfaits apporté par le covoiturage. Un moyen de transport alternatif au train ? Occasionnellement peut-être, si vous devez vous déplacer pour un rendez-vous précis ou pour prendre l’avion. L’affaire est plus délicate si vous devez aller quotidiennement à Paris, comme le font la quasi-totalité des voyageurs montargois : dans ce cas, chaque jour devrez-vous organiser le voyage pour le lendemain ?

Autre chose : 2 000 à 3 000 Montargois prennent le train chaque jour à Paris. Combien faudra-t-il de voitures pour les acheminer ? A raison de quatre à cinq passagers par automobile, essayez de faire le calcul si vous en avez le temps… Le journaliste parle de qualités environnementales. Voire. La voiture reste toujours l’un des moyens de déplacement le plus polluant, covoiturage ou pas. Nous nous étions déjà fait les adversaires du « tout-autocar » comme moyen de substitution au train. Nous ne sommes pas plus convaincus par la voiture, loin de là. Inutile également de rappeler les dangers des voyages sur la route, comme l’actualité récente l’a cruellement rappelée.

Parlons enfin de l’aspect économique. Le journaliste égratigne, à juste titre, les prix exorbitants des forfaits SNCF : 130 € l’abonnement Montargis-Souppes – 20 km – lorsque le Pass Navigo est à 70 € – pour 100 km… Et le journal de rappeler que le prix d’un aller-retour Paris-Montargis est de 18,40 €. Nous allons dans le sens du journaliste. Mais faisons maintenant un rapide calcul. Un voyageur devant faire chaque jour le trajet Montargis-Paris, auraient à débourser chaque mois entre 350 et 360 euros. Une bonne affaire, vraiment ?

Le covoiturage serait-il la bonne affaire que l’on voudrait nous vendre ou juste un miroir aux alouettes destiné à nous « faire détester le train » ? Nous en doutons.

« Le covoiturage , ça roule », Éclaireur du Gâtinais, 29 octobre 2015
« On ne voit pas passer le temps », Éclaireur du Gâtinais, 29 octobre 2015